#1 – Et un jour tu décides de faire le grand saut !

15 octobre 2015.  Cette date reste à jamais gravée dans ma petite tête frisée :D. Sortie de mon corps, je me revois, encore aujourd’hui, passer sous le pont de Porte de la Chapelle, pour me rendre au Pôle Emploi, boulevard Ney dans le 18ème arrondissement parisien. L’objet de ce rendez-vous : une réunion d’informations sur les différents dispositifs mis en place par Pôle Emploi. Sous la pluie, les larmes roulent comme des perles sur mes joues. Depuis quelques temps, je réfléchis à mon avenir. Il me faut prendre une décision et non des moindres…

Quelques jours plus tôt, le directeur de ma boîte à qui j’ai annoncé mon souhait de monter un projet de création d’entreprise, en parallèle de mon travail actuel, me propose soit de rester à l’agence, soit de partir voler de mes propres ailes. Il veut des employés 100 % investis dans l’entreprise. Néanmoins, lui qui me décrit comme un esprit libre, voire une « grande gueule », m’apprécie beaucoup et me propose des conditions de départ avantageuses. Mais bon, pas facile de faire un choix dans une société dans laquelle on est tellement formaté au confort du salariat.

A l’époque, je travaille depuis cinq ans comme attachée de presse à Paris et je suis passée par quelques agences. Rencontrer des journalistes, les convaincre, monter des sujets, organiser des événements… C’est un métier qui m’a pas mal apporté, mais qui ne me passionne plus tellement. Ennui et répétition : « Je tourne en roooond !!! » pour reprendre la chanson. Et c’est sans compter les quelques spécimens que l’on rencontre parfois dans ce milieu assez particulier. Au mieux, ils vous amusent, au pire, ils vous donnent l’envie de passer par la fenêtre (ou plutôt de les y faire passer) !

Mais pour que cette envie d’ailleurs se déclenche, pour que je marche sous ce pont en cet après-midi pluvieux, il fallait passer par un épisode bien particulier, qui se déroulait quelques mois plus tôt, en janvier.

Ce n’est que mon avis, mais c’est rarement en vacances qu’on réfléchit de manière profonde sur le sens de sa vie. Non. En vacances, on veut juste oublier les tracas du boulot et profiter, histoire de revenir en forme dans la routine éternelle, jusqu’aux prochaines vacances. Ce qu’il faut pour entamer une véritable réflexion, c’est au choix, ou la maladie ou la mort. Moi, ce fut la maladie ! Une bonne péricardite qui me clouait au lit, un mois durant, dont 15 jours à l’hôpital Bichat et au centre cardiologique du nord à Saint-Denis. Entre les programmes télé, les examens de santé, les visites et les discussions intérieures avec mon oncle Aristide, décédé sept ans plus tôt, que je voyais au travers de branches d’arbres, cette phrase tournait en boucle dans mon esprit : « Tout ça pour ça ? » : Emménager à Paris, ville fascinante mais ô combien souvent difficile, avoir travaillé auprès d’une N+2 que je pourrai facilement qualifier de sociopathe, se donner beaucoup dans son boulot mais avoir l’impression de ne pas recevoir grand chose en retour. Des exemples, j’en avais des dizaines à l’appel !

Désormais, j’avais envie de penser à moi. D’ailleurs, ce n’était pas juste une envie, mais un besoin. Un besoin terriblement ancré de créer quelque chose qui me ressemble, qui me permette de me connaitre. Quelque chose que j’essaierai de faire grandir et me ferait grandir. Sortir de ma zone de confort, jeter le jeu de cartes en l’air, saisir ma chance, faire le grand saut. Vivre une aventure à la fois professionnelle et personnelle. Où celle-ci m’emmènerait-elle ? Je n’en avais aucune idée.

La semaine qui suivait ma marche sous le pont, j’annonçais mon départ de l’agence à mon big boss. Je passais du côté de l’incertitude, mais c’était excitant et terriblement vertigineux !

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